Présentation
Notre philosophie: produire dans le respect de l’animal et de la nature.
Notre exploitation se situe à Domdidier (FR), dans la plaine de la Broye entre Avenches et Payerne.
Nos principales branches de production sont l’élevage allaitant (limousin), l’engraissement de poulets et les grandes cultures telles que la betterave sucrière et le blé IP-Suisse. Sont également produits sur l’exploitation du maïs d’ensilage, de l’orge ainsi que des prairies permanentes et temporaires servant à l’affouragement de nos animaux.
L’élevage de chevaux franches-montagne tient une place toute particulière dans notre exploitation.
Historique
Notre famille est originaire de Domdidier, nous en représentons la cinquième génération.
| 1968 | arrêt de la production laitière |
|---|---|
| 1970 | début de l’élevage allaitant par Gérard Jordan |
| 1993 | achat de la première jument poulinière franches-montagne |
| 2003 | début de la production de poulets d’engraissement |
| 2011 | reprise du domaine familial par Pierre-Yves Jordan et création de l’Elevage du Pré d’Eissy |
| 2021 | agrandissement de la stabulation libre au Pré d’Eissy |
L’élevage en images
Hommage
Pierre-Yves Jordan 1976-2024
Au revoir Pierre-Yves
Cher Pierre-Yves, appelé amicalement Piéton, en effet c’est ainsi que tu es connu.
Domdidier, ton cher village, t’as vu naître il y a un peu plus de 47 ans. Petit déjà tu trainais dans les jambes de ton cher papa, Gérard, qui t’as donné la passion du bétail et de la terre. Fier qu’il était de son fils, il n’osait espérer que tu continues à travailler le domaine et ainsi représenter la 5e génération de la famille Jordan. De ta maman adorée Rose-Marie, tu as hérité de son calme et de sa patience.
Tu nous as dit que tu ne les remercierais jamais assez de t’avoir laissé faire ta jeunesse.
Comment parler de toi sans évoquer la musique et ton amour du groupe « The Cure ». C’est ainsi qu’avec ton grand frère Philippe, ton cousin Alex, tes amis Boris, Gérald et Olivier, vous avez fondé le groupe de rock les « Drowning Boats. Quelle ne fût pas ta fierté d’avoir joué dans les plus grands festivals tels que le Rock Oz’Arènes. Ton style et ton son inimitables résonneront à jamais dans nos oreilles. N’oublions pas ta bande de copains, entre autres les Contemporains 76, si importants à tes yeux, avec qui tu as fait les 400 coups. Tu ne t’es pas trompé, la preuve, tous tes amis sont là aujourd’hui réunis, fidèles au poste pour un dernier adieu.
Après un apprentissage rondement mené, tu t’es donné cœur et âme à ta passion, le métier d’agriculteur, avec la ferme volonté de continuer les projets de ton papa, à savoir, construire une écurie en dehors du village. Comme tu nous l’as souvent répété c’était ta raison de vivre. La première pierre est posée avec le hangar agricole au lieu-dit « Les Prés d’Eissy », suivie par la construction d’une stabulation pour le troupeau de vaches mère. Ce qui t’a permis avec l’aide de ton cher petit frère Nicolas d’agrandir ton troupeau de vaches allaitantes, des limousines.
Et à la même époque, tu rencontres Catherine. S’ensuivra une vie à 100 à l’heure, à vous deux, des projets plein la tête notamment la ferme volonté de développer la vente directe tout en partageant votre passion du cheval en enchainant les concours d’attelage et d’élevage. Tu as trouvé la motivation, soutenu par toute la famille, de faire ta maîtrise, te permettant ainsi et cela te tenait à cœur, de former des jeunes au magnifique métier de paysan.
En parlant des jeunes, d’ailleurs, comment ne pas mentionner ton engagement aux camps de ski de l’école primaire avec ton pote Eric où vous avez tout donné en tant que moniteurs pendant plus de 10 ans.
Après avoir convolé en justes noces avec Catherine, tu as connu le bonheur d’être Papa. Ton premier fils, Arnaud, a déjà tout jeune démontré sa passion pour l’agriculture et ton 2e fils, Thibault, né une année plus tard, à ta plus grande joie, s’est très rapidement passionné pour les animaux. Ils sont ta fierté, ta plus grande réussite.
Après avoir roulé ta bosse, quelques années, le temps fut venu de reprendre le domaine familial et de construire ta maison. Tu as pu ainsi développer ton exploitation, avec le soutien de tes complices, José et Fred. Tout en ne manquant pas de soutenir Catherine pour la mise sur pied de son cabinet vétérinaire, ayant décidé de vous aider mutuellement dans vos métiers-passion.
Et tout cela tu l’as fait sans laisser tes amis sur le bord de la route, toujours prêt à tendre un coup de main, toujours content, toujours partant pour un concert ou une soirée.
Vivant à 100 à l’heure tu as été rattrapé par la maladie, tu t’es battu, bien décidé à continuer le projet de ta vie, à savoir construire une grande écurie autonome et complète, concrétisant ainsi le rêve de ton papa, c’est-à-dire d’avoir toute l’exploitation à l’extérieure du village. Tu as tellement lutté avec force et volonté, ne te laissant pas abattre par les douleurs et la fatigue, motivé par tes chers garçons. En effet, ils étaient toujours là, à demander à papa, d’aller sur le tracteur, de les prendre avec pour fourrager ou faire la tournée du poulailler
Tu as réussi Piéton, tu laisses ainsi un magnifique cadeau à tes fils.
On pourrait encore parler de toi durant des heures…ton départ laisse un grand vide dans nos mémoires et dans nos cœurs et on te dit tous un grand merci.
Adieu Pierre-Yves, Tcho Piéton, on t’aime, on ne t’oubliera jamais.
Catherine G. J., Alexandre J. et Eric M.
Domdidier, le 20 janvier 2024
Journal de la Broye, Le courrier des lecteurs, 25 janvier 2024
Merci Pierre-Yves. Ce silence de la foule de tes amis venus te dire adieu était impressionnant. Un silence de révolte devant la cruauté de cette terrible maladie qui te fauche en pleine force de l’âge à 47 ans, qui t’arrache à tes garçons Arnaud 14 ans et Thibault 13 ans, à Catherine, à tes parents et à tes proches et à ta magnifique ferme toute neuve remplie de bêtes heureuses.
Un silence lourd de résignation qui n’accepte pas ce fatalisme de la maladie du siècle qui prend pour cible certains de ceux qui nous montrent le chemin et qui auraient encore tant de choses à nous apprendre, à nous partager. Un silence de réflexion et d’introspection sur la vie de chacun de tes amis présents pour cet hommage unanime. Ces moments privilégiés sont soudainement l’occasion de faire un point sur les vraies priorités, les bagarres inutiles, ce qui est parfois si dérisoire et nous encombre.
Un silence de communion de tous ceux que tu avais pris avec toi pour grandir, pour jouer de la musique dans ton groupe, réussir ton apprentissage, puis ta maîtrise fédérale. Une communion avec tous les tiens qui t’admiraient d’avoir osé construire tes deux fermes hors du village, d’y adjoindre ta maison avec tellement d’animaux. Une communion avec les innombrables amis auxquels tu avais rendu des services sans compter.
Un silence d’admiration pour ton cheminement intelligent avec Catherine, pour une agriculture toujours plus responsable et proche de la nature. Tu te battais avec la nature contre les maladies des animaux et des plantes. Tous tes apprentis t’ont admiré et avaient plaisir à revenir à la ferme. Tes voisins du quartier t’admiraient pour ton courage et pour le temps que tu trouvais toujours pour une petite causette.
Un silence vigoureux d’espoir de tous ceux qui croient que ton aventure va continuer, que tu n’as pas construit tout ça pour rien. Un silence de prière pour que ton courage continue à prendre racine dans tes enfants. Un courage d’invention pour qu’on trouve des solutions pour que la vie continue au Pré d’Eissy où ton rêve est devenu réalité.
Ce silence riche d’humanité lors de ton départ accompagné de tes chevaux aimés ne peut que donner du fruit. Adieu Pierre-Yves Jordan, paysan nourrisseur du pays.
Ton voisin, au nom de tous les autres, Pascal Corminboeuf, Domdidier
















